La Maison de l'Afrique Noire

Des Espaces de travail

Le centre de documentation pour la jeunesse

Contexte:

En 1974, la décision du gouvernement français de suspendre les migrations de travail et d’imposer des cartes de séjour a contraint un grand nombre des travailleurs africains, présents depuis la fin des années 50, à envisager une installation permanente en France. Face à l’ impossibilité de poursuivre la “migration tournante” qu’ ils pratiquaient auparavant, certains ont été rejoints par leur femme, parfois avec leurs enfants, et ont fondé une famille en France. Aujourd’ hui parmi les nombreuses questions qui se posent à eux (en matière de logement, de travail...) prime celle de la transmission à leurs enfants de leur culture et de leur histoire. Cette méconnaissance est partagée par une large frange de la population.

De façon générale, l’ Afrique est appréhendée à travers des stéréotypes. Les médias diffusent une image dépréciative du continent (guerres, famines) et des migrants. Il nous semble donc nécessaire de rendre plus facile l’ accès à l’ information.

Les objectifs du projet de centre de documentation:

Le projet de centre de documentation a pour objectif de mieux faire connaître, par la mise à disposition de documents, les cultures africaines ainsi que l’ histoire des migrations et des pays du continent. Les documents pourraient concerner des thèmes très divers tels que la colonisation, les conditions de vie et de travail des migrants en France, la vie en Afrique, les rapports Nord/Sud, les expériences de développement sur le continent, la production cinématographique africaine : fictions et documentaires (relatifs aux manifestations culturelles par exemple). Il s’ agirait de documents visuels et audio-visuels : vidéos, expositions, cédéroms, jeux éducatifs, informations via internet. Ceux-ci nous paraissent particulièrement à même de rencontrer l’ attention d’ un public jeune.

Ce centre pourrait prendre corps avant même la création de la Maison de l’ Afrique noire. Dans un premier temps et jusqu’ à la création de la Maison de l’ Afrique, nous envisageons de mettre à disposition des enseignants, animateurs, éducateurs, responsables associatifs ces documents qui seront susceptibles de constituer un support à des discussions et à des débats avec les jeunes.

Les modalités de fonctionnement:

Une association sera créée spécifiquement pour gérer le fonctionnement du centre. Elle regroupera en son sein des représentants d’ autres centres, des créateurs de documents et des usagers. Le centre inscrira son action au sein d’ un partenariat large incluant notamment le réseau RITIMO. Des membres de ce réseau seront sollicités pour enrichir la réflexion et mener à bien ce projet.

Le centre de documentation nécessitera de : - procéder à l’ acquisition et à l’ inventaire des supports existants, - permettre au public l’ accès à ces documents.

Les moyens humains et matériels envisagés sont : - une documentaliste chargée de la recherche, de la gestion des documents (catalogage, conservation, prêt) et de l’ accueil du public, - des locaux : un bureau et un espace équipé d’ une télévision et d’ un magnétoscope, permettant de visionner les documents, - un lieu de stockage, - un budget permettant l’ acquisition des fonds documentaires.

Partenaires: RITIMO, “la Case”(Villiers le bel), l’Association pour la Promotion du Soninké (APS)

La diffusion du livre africain en France

L’objectif central de l’initiative qui pourrait être développée dans la Maison de l’Afrique noire concerne le soutien à l’édition africaine à partir de la diffusion de sa production en France, ce qui suppose un lieu de stockage et un partenariat avec des distributeurs. Ce soutien à l’édition africaine en France vise également une meilleure circulation du livre en Afrique de l’Ouest. Ainsi les réflexions et les initiatives relatives à la co-édition, au développement des lectures à haute voix contribuent également à cet objectif.

Partenaires: - la librairie “Folies d’encre” - la “Maison des acteurs” - la revue d’informations culturelles sur l’Afrique francophone “Africultures” (dont un des projets en cours est de créer un site de catalogues) - l’ association grenobloise “Culture et développement”.

La connaissance et la diffusion du film africain en France

Trois axes pourraient être mis en avant :

  • un travail de diffusion des films africains en direction des enfants et des publics scolaires, sans négliger le public des adultes pour autant ;
  • la création d’un lieu-ressources pour les réalisateurs et les comédiens africains, ouvert aussi bien à ceux qui vivent en France qu’ en Afrique ;
  • la mise sur pied d’un pôle d’enseignement du cinéma africain, auquel pourrait être associé le département Cinéma de l’ Université PARIS 8.

Partenaires: - la Guilde des réalisateurs africains - le cinéma l’ ÉCRAN de Saint-Denis et notamment l’équipe du Ciné- Club “Les cinémas d’Afrique noire”, animé par David-Pierre Fila - le département Cinéma de l’ Université PARIS 8

Le soutien à la vie associative: Premières reflexions et première concertation

Un des objectifs importants de la future Maison de l’Afrique noire à Saint-Denis est répondre à une partie des attentes des associations de développement villageois et des associations culturelles africaines. Pour préciser le contenu de ce que nous devons envisager en termes de soutien à la vie associative, nous avons souhaité réfléchir avec les futurs utilisateurs associatifs sur leurs besoins et plus généralement sur la conception qu’ils ont de cette maison.

Comme les adhérents d’origine africaine sont encore trop peu nombreux au sein de notre association, nous avons éprouvé la nécessité de contacter un certain nombre d’animateurs reconnus de la vie associative africaine, d’accord pour s’exprimer à titre personnel et non en tant que porte-parole officiel de leurs associations, dans la mesure où la Maison de l’Afrique noire ne se veut pas une structure fédérant les associations ou représentant les communautés africaines.

Dans cette perpective, nous avons organisé avec la CADI (Coordination des animateurs de développement et d’intégration) une première réunion qui s’ est tenue au CICP ( Centre International de Culture populaire) le 16 février 2002. Nous avons préparé cette première réunion avec la CADI, car celle-ci a manifesté dès le début son intérêt pour notre projet. Quant au choix du lieu de la réunion, il tient au fait que le CICP (21 ter rue Voltaire, 75 011) est un centre qui a une longue expérience, dont nous pouvons largement nous inspirer. D’ailleurs la visite du lieu, lors de la réunion, a nourri notre réflexion commune.

Bilan de la réunion du 16 février 2002: Le nombre de participants a été assez limité, mais l’écho de la préparation de cette réunion a été important et de nombreux absents se sont excusés. La nécessité de créer un outil au service des associations (mettant à leur disposition des salles, des bureaux...), qui soit en même temps un lieu d’échanges, a été saluée avec enthousiasme. Les participants à cette première réunion ont souligné l’importance de mettre en place une structure de gestion qui permette la réalisation de nos objectifs sans tomber dans la concurrence stérile entre les associations, en évitant les problèmes de pouvoir, sans apparaître comme une structure fédérative ou représentative des associations. Parmi les objectifs de la Maison de l’Afrique noire, les participants ont insisté sur la promotion de l’histoire, des cultures et des arts africains, l’animation par le biais de conférences et de spectacles, le développement des liens entre ici et là-bas, entre la France et les différents pays d’Afrique noire. En conclusion, il est souhaitable que le lieu envisagé soit le plus vaste possible. Et il est nécessaire d’ élargir et d’approfondir la concertation, en organisant une nouvelle réunion et en continuant à privilégier les engagements individuels, tout en diffusant l’information auprès des associations.

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